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Pénélope dans l’Odyssée

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ULYSSE RECONNAIT TÉLÉMAQUE.

http://remacle.org/bloodwolf/poetes/homere/odyssee/livre16.htm

Au lever de l’Aurore, Ulysse et le noble pasteur, tous deux assis dans la grotte, allument le bois, préparent le repas et envoient aux champs les bergers avec leurs troupeaux. — Télémaque arrive ; les chiens, au lieu d’aboyer, lui prodiguent leurs caresses. Ulysse, qui s’en est aperçu et qui entend le bruit des pas, adresse aussitôt ces paroles au chef des pasteurs :
[8] « Eumée, l’un de tes compagnons, ou du moins une personne que tu connais, arrive en ces lieux : les chiens deviennent caressants, ils n’aboient point, et cependant j’entends quelqu’un marcher. »

Il n’avait pas achevé de parler que déjà son fils chéri s’arrête sous le portique. Le pasteur, stupéfait, se lève, et tout-à-coup les vases qu’il tient pour mêler le nectar s’échappent de ses mains. Il court au-devant de son maître et lui baise la tête, les yeux et les deux mains : des larmes coulent de ses paupières et roulent sur ses joues. De même qu’un père tendre embrasse son fils bien aimé lorsqu’il revient d’une terre lointaine après dix ans d’absence, unique enfant qu’il obtint dans sa vieillesse et pour lequel il souffrit de nombreuses douleurs : de même Eumée embrasse et serre dans ses bras le divin Télémaque comme si ce héros venait d’échapper à la mort. Alors le chef des pasteurs prononce ces paroles entrecoupées par les sanglots :

[23] « Vous arrivez enfin, Télémaque, douce lumière de mes yeux ! Je n’espérais plus vous revoir depuis que sur un navire vous étiez parti pour Pylos. Entrez donc, mon cher fils, afin que je me réjouisse en vous contemplant de nouveau, puisque vous venez d’arriver dans ma demeure. Vous visitez rarement vos campagnes, vos troupeaux et vos pasteurs ; vous restez toujours à la ville, au milieu de la troupe funeste des prétendants. »

Le prudent Télémaque lui répond en ces termes :

[31] « J’entrerai comme tu le désires, noble vieillard. Je suis venu ici pour te voir et pour apprendre si ma vénérable mère est restée dans son palais, ou si elle a été unie à l’un des prétendants, tandis que l’odieuse araignée file sa toile dans la couche délaissée d’Ulysse ! »

Le chef des pasteurs s’empresse de lui répondre :

[37] « Pénélope demeure toujours dans son palais avec une patience inébranlable ; ses jours et ses nuits se consument dans les douleurs et dans les larmes. »

A ces mots il prend la lance d’airain des mains de Télémaque, et aussitôt le jeune héros franchit le seuil de pierre ; Ulysse veut lui céder la place, mais Télémaque le retient en disant :

[44] « Reste assis, vénérable étranger ; nous trouverons un autre siège dans la bergerie : voici Eumée qui ne m’en laissera certes pas manquer. »

Il dit, et Ulysse se rassied. Le pasteur étend de verts branchages qu’il recouvre d’une peau de brebis : c’est là que repose le fils chéri d’Ulysse. Eumée apporte des plats chargés de viandes rôties qui étaient restées du repas de la veille ; il remplit de pain les corbeilles et mêle dans une coupe l’eau et le vin ; puis il se place eu face du divin Ulysse. Tous aussitôt portent les mains vers les mets qu’on leur a servis et préparés. Quand les convives ont apaisé leur faim et leur soif, Télémaque adresse ces mots au chef des pasteurs :